Les cafés citoyens

Les images du café citoyen de janvier sur le thème du sport en présence de Stéphane Caristan

samedi 29 mai  2010





Café citoyen sur le thème "Que reste-t-il de la Françafrique ?" 

vendredi 07 mai  2010

Guy Labertit, Conseiller du président de la Fondation Jean-Jaurès pour l'Afrique et l'Amérique latine depuis 2007, auteur du livre "Adieu Abidjan-sur-Seine ! les coulisses du conflit ivoirien" aux Editions Autres temps (2008) et vitriot d'adoption est venu évoquer la "Françafrique" avec la population vitriote. Voici les grandes lignes de son intervention.

"Quelques remarques sur le terme de " Françafrique "

Expression maintenant à la mode qui fait référence aux réseaux de barbouzes type Foccart qui ont marqué les relations entre l'Etat français et les Etats de l'Afrique francophone.

Mais ce soir je l'envisagerai de façon plus large dans sa dynamique historique.

Le mode de gestion de la politique de la France en Afrique et singulier par rapport au reste du monde puisqu'il est défini par la cellule africaine de l'Elysée, (aussi bien sous des présidents de droite que de gauche) en dehors de tout contrôle parlementaire (exceptions : loi sur le mercenariat votée par la gauche et débat depuis 2008 à l'Assemblée sur la présence militaire extérieure, Afghanistan, Côte d'Ivoire…)

Le terme " Françafrique " est une création d'Houphouët-Boigny, ancien ministre d'Etat français devenu Président de la Côte d'Ivoire en 1960. C'est tout un symbole.

Le système se met en place au moment des indépendances dont on célèbre le cinquantenaire.

Ce sont en fait les accords de coopération qui ont structuré de nouvelles formes de dépendance avec les pays essentiellement de l'espace dit francophone (anciennes colonies françaises bientôt rejointes par les anciennes colonies belges).

Ces accords structurent les liens entre la France et les Etats d'Afrique et ils étaient (je parle au passé car je vais m'attacher à montrer leur évolution pour répondre à la question posée par cette conférence), en premier lieu de nature politique et militaire, mais aussi bien sûr de nature monétaire, économique, commerciale et culturelle.

La question des migrations des populations entre les Etats d'Afrique et la France et vice-versa est liée à l'ensemble de ces dimensions. La situation présente est le miroir du passé colonial (dimensions politique et économique : guerres mondiales, situation de dictatures et de chômage en Afrique, rôle des émigrés dans la production capitaliste).

Avant d'aborder successivement ces points, je voudrai souligner l'évolution historique de ce que l'on appelle " aide publique au développement ". Jusqu'aux années 1990, l'objectif de l'APD était d'abord politique : maintenir l'ancien espace colonial dans le camp occidental. Depuis, la dimension développement est en premier lieu soumise au FMI et à la Banque mondiale (doctrine d'Abidjan, après la dévaluation du franc CFA.

Evolution APD

2008 : 7,56 milliards d'euros soir 0,39 %du RNB
2009 : 8,92 milliards d'euros, soit 0,46 % du RNB (moyenne OCDE 0,31 %, Europe dans OCDE 0,44 %)

De 2008 à 2009, Multilatéral de 3,1 à 4 milliards (+ 0, 558 au FMI, + 0,330 à l'Europe, + 0,075 à la BM). Le traitement de la dette passe de 0,666 milliard à 1, 12. Pas d'efficacité dans la lutte contre la pauvreté (santé, éducation). L'APD inclut les bourses et l'action pour les réfugiés), Pas possible de s'étendre sur le débat Engagement public au développement, qui n'est pas exactement le thème de la soirée.

Politique : la France, parce qu'ancienne puissance coloniale, est, comme la Grande Bretagne pour la même raison, un des cinq membres permanents du Conseils de sécurité de l'ONU. On en a vu les conséquences dans la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire (La France à l'origine de toutes les résolutions du Conseil de sécurité concernant la Côte d'Ivoire, en tant que " puissance intéressée " selon le parler diplomatique).

Les sommets entre les Etats d'Afrique et la France, initiés en 1973, connaîtront leur 30 ème édition à Nice le 31 mai et le 1 er juin prochains, entre autres exemples. La nature des sommets entre la Chine et l'Afrique est différente (approvisionnement en matières premières et marchés à conquérir, les sommets Chinafrique sont un vecteur plus économique)

Ces données politiques de fond n'ont pas changé.

Militaire : même si la situation évolue en matière de défense avec la réduction du nombre des bases permanentes, les accords de coopération militaire se perpétuent avec tous les Etats, même si le nombre de coopérants militaires se réduit également.

Référence au discours de Sarkozy au Cap, le 28 février 2008 et l'évolution des accords. Il restera deux bases permanentes (Libreville et Djibouti, évolution des technologies, mais aussi, importance du Moyen Orient)

Evolution des accords de défense liée à la nouvelle vision stratégique du monde de l'actuel Président français. Plus alignée sur celle des Etats-Unis, fondamentalement atlantiste, elle minore l'importance des liens bilatéraux avec les pays d'Afrique. Priorité : la lutte contre le terrorisme. Les régions sensibles deviennent le Sahel et l'Afrique de la Corne, voire orientale. Nouvelle base à Abu Dabi, redéploiement vers l'Afghanistan.

La dimension monétaire le franc CFA  (à l'origine Colonies françaises d'Afriquel, aujourd'hui communauté financière africaine). Faire une brève présentation qui pose le probème de la souveraineté monétaire. Evoquer la dévaluation de janvier 1994 décidée unilatéralement par la France. Il revient aux responsables africains de définir une stratégie alternative au système du franc CFA.


Au plan commercial, la France s'inscrit dans les rapports tissés avec l'Europe à travers les Conventions de Lomé, depuis 1975, puis de Cotonou, depuis 2000. Dans cette dernière configuration, les Accords de partenariat économique suscitent, depuis leur mise en application à la fin 2008, bien  des controverses.

S'il est vrai que la part de l'Afrique dans les échanges commerciaux  de la France avec le reste du monde a diminué très sensiblement, la France reste le premier partenaire commercial des Etats d'Afrique se rattachant à l'espace dit francophone.

Structuration du Commerce extérieur français en 2009/2010
Pour les exportations :UE =  62,7 % , Autres = 37,3 % dont 18 % pour l'Afrique (Asie 27 % Amérique 24 % Europe hors UE 19 %, Moyen Orient 11 %)..
Pour les importations UE 60,2 %, Autres 39,8 % dont 13 % poutr l'Afrique (Asie 36 %, Amérique 24 % Europe hors UE 22 %, Moyen Orient 4 %).

La nature de ces échanges n'a pas sensiblement évolué, les Etats d'Afrique restant avant tout des pourvoyeurs de matières premières et des marchés pour les exportations françaises de produits transformés. (Mali 86 % des exp avec le coton et l'or, Congo 84 % avec le pétrole et le boiks…)

Par ailleurs, le poids des entreprises françaises, que ce soit des filiales de grands groupes français ou des PME, dans les activités économiques des pays africains reste très important (exemple de la Côte d'Ivoire malgré la crise politique des rapports entre les deux pays). Mais il est également vrai que la part de l'Afrique dans les investissements français à l'étranger n'est plus que de 5 % contre 30 % dans le passé.

Au-delà de ces considérations générales, le continent africain est indispensable à la France pour son approvisionnement en énergie.

En matière nucléaire, l'Afrique est au cœur de l'activité d'Areva (6000 tonnes en 2007 dont 41 % venant d'Afrique). Areva compte doubler sa production annuelle d'uranium dans les cinq ans à venir (notamment grâce à la mine d'Imouraren au Niger et ses 5000 tonnes annuelles espérées, sans oublier la Namibie et à terme l'Afrique du Sud, sans oublier la République centrafricaine et la République démocratique du Congo). Elle doit affronter dans ce secteur la concurrence de la Chine.

En matière d'hydrocarbures, malgré le déclin du Gabon, l'apport de l'Afrique est considérable pour Total avec 783 000 barils/jour extraits en 2008, en Angola en premier lieu, contre 432 000 barils/jour au Moyen Orient sur les 2,3 millions de barils/jour à l'échelle mondiale. Total 20,5 milliards de dollars de bénéfices nets en 2008.

Total est aussi le premier distributeur en Afrique avec 11 % du marchée avec  3500 stations service dans 40 pays.

C'est dans ce secteur des hydocarbures, au temps de ELF, tant sous la droite que sous la                gauche, que se sont épanouis les réseaux françafricains, mais les anciens seigneurs ont été rattrapés par la justice.

Outre l'uranium et les hydrocarbures, les secteurs dans lesquels opèrent les entreprises françaises sont les transports avec Bolloré Africa logistics (manutention portuaire, déménagement…), le bâtiment et les travaux publics (Bouygues,Vinci, Eiffage…), la distribution, les banques (BNP, société Générale…), les assurances (même si Axa s'est retirée du continent), l'hôtellerie (Accor), etc..

Quelques zooms illustrant l'implantation de ces sociétés en Côte d'Ivoire.

Il faut toutefois souligner que toutes ces entreprises sont implantées depuis longtemps en Afrique, souvent même depuis la période coloniale, et que peu de nouveaux investisseurs privés choisissent ce continent lorsqu'ils veulent diversifier leur implantation géographique.

Pour en revenir à la dimension économique et commerciale, il faut  également dans ces domaines souligner l'évolution des tendances historiques, et, parmi celles-ci, celle de l'engagement public au développement, formule que je préfère à l'aide publique au développement.

Pour finir, j'évoque trop rapidement vu le thème retenu ce soir la dimension culturelle. Elle est marquée par un désengagement financier malgré la volonté affichée de maintenir une forte influence culturelle, y compris par le biais de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Mais il faut souligner que la politique des visas est un obstacle de plus en plus fort à l'épanouissement de cette coopération culturelle (exemple de Vitry/Mali avec le refus de visa à la troupe pourtant connue de l'Ambassadeur de France….)

En guise de conclusions provisoires :

On peut encore parler de Françafrique si l'on se réfère au mode de gestion de la politique de la France en Afrique (survivance de missi dominici, d'hommes de l'ombre).
Cela s'explique car l'Afrique reste vitale pour le positionnement de la France dans le monde.

Toutefois, en matière politique, la crise ivoirienne a marqué une rupture avec la Françafrique, en ce sens où la France n'a pu imposer sa politique aux Ivoiriens. Cela explique la difficulté à sortir de cette crise qui est exemplaire dans l'histoire des rapports entre la France et les Etats d'Afrique.

On a vu les évolutions intervenant dans la dimension militaire, le recul de la part de l'Afrique dans les échanges commerciaux de la France, mais la tutelle monétaire demeure.

Ce sont encore les grandes entreprises de l'époque coloniale qui restent les points d'appui de la France sur le continent (de Bolloré, présent au Sénégal depuis 1927 et qui est implanté dans 41 pays d'Afrique aujourd'hui à Bouygues qui y fait encore 1,4 milliard d'euros de chiffres d'affaires annuel.)

J'ajouterai que le rôle croissant des pays émergents dans l'économie africaine, y compris dans les secteurs où la France avait conforté historiquement ses positions. Le débat reste ouvert sur l'organisation de l'engagement public au développement. Pourtant, en bonne harmonie avec la coopération décentralisée qui ne peut pas le remplacer, il reste indispensable et doit s'articuler avec l'investissement privé interne et extérieur, ce qui suppose l'établissement ou le respect d'un Etat de droit pour améliorer le climat des affaires.

Si les liens de coopération ont structuré une nouvelle dépendance entre la                France et les Etats d'Afrique, il ne peut revenir qu'à des pouvoirs politiques africains fondés sur une légitimité démocratique d'initier un partenariat avec la France dans une perspective égalitaire sur la base d'économies africaines structurellement transformées."


Outre ses responsabilités à la Fondation Jean Jaures (www.jean-jaures.org), Guy Labertit a été responsable du département Coopération internationale de la Fondation Jean-Jaurès pour l'Afrique (1997/2006) et l'Amérique latine (2000/2006). Il a été secrétaire national du PSU, chargé des relations internationales et des questions de Défense, avant d'être membre du secrétariat international du Parti socialiste à partir de 1991. Délégué national à l'Afrique du PS de 1993 à 2006, il a été membre du Haut conseil de la Coopération internationale de 1999 à 2002. Elu local à Vitry sur Seine (1995-2008), il y a été président du groupe socialiste de 2001 à 2008.



L'interview de Stéphane Caristan

lundi 15 mars 2010


Beau succès pour le café citoyen autour du sport avec Stéphane Caristan

dimanche 31 janvier 2010

" Avec le gouvernement de Sarkozy, j'ai l'impression que sur la ligne de départ, il y en a qui partent 20 mètres devant moi, et puis maintenant j'ai l'impression qu'il y en a qui partent 20 mètres derrière. " C'est avec beaucoup de modestie et de chaleur, que Stéphane Caristan est venu échanger, à la suite de Dominique Méda en octobre, avec les citoyens vitriots, présents en nombre à la Brasserie des Arts, sur son parcours sportif (qui l'a conduit jusqu'au titre de champion d'Europe du 110 mètres haies en 1986) et surtout sur le sens de son engagement en politique aux côtés des socialistes (adjoint au Maire de Créteil en charge de la jeunesse depuis 2008, il est également candidat aux régionales sur la liste socialiste emmenée par Michèle Saban). Dopage, reconversion des sportifs de haut niveau, rôle de l'argent dans le sport, sport de masse, place du bénévolat dans l'encadrement, sport et politique de la ville, sont quelques uns des thèmes qui ont suscité les questions ou les réflexions du public.
Rémi Chicot (adjoint au Maire de Vitry et candidat vitriot aux régionales aux cotés de Stéphane Caristan) et Jean-Marc Bourjac (également adjoint et conseiller régional sortant) ont rappelé les nombreuses actions entreprises par la Région Ile-de-France, sous la présidence de Jean-Paul Huchon, et les priorités que les socialistes entendent défendre aux côtés de Jean-Paul Huchon pour la prochaine mandature.
Comme aime le rappeler Manuel Bougeard, notre secrétaire de section, "les cafés citoyens vitriots c'est un peu l'inverse du café du commerce sarkozyen". Nous vous donnons donc rendez-vous pour le prochain café citoyen organisé par les socialistes de Vitry-sur-Seine.
Merci à Gérard pour son coup de crayon impertinent et drôle.

Le café citoyen du 21 octobre en images (la conférence)

Dominique Méda, sociologue et philosphe, était l'invitée du premier café politique des socialistes de Vitry sur Seine. Grâce à notre camarade Michel Violet, vous pouvez voir quelques extraits de cet échange qui a eu lieu à la Brasserie des Arts.









Le café citoyen du 21 octobre en images (le débat)

Toujours grâce à notre camarade Michel Violet, retrouvez quelques images du débat qui a suivi l'intervention de Dominique Méda.









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