|
|
|
|
|
En cours de chargement...
Veuillez attendre quelques instants le chargement complet de la page
|
|
X
|
Paroles de militants
 Portrait de militante : Hafsa BOUTABAA - Conseillère municipale | jeudi 21 mai 2009
Interview réalisée par Evelyne Gaillourdet, rédactrice du Vitry Infos PS (VIPS) et Michel Vernay, 1er secrétaire de section adjoint et parue dans le VIPS n°2
Evelyne : Depuis quand et pourquoi as-tu choisi de militer au Parti Socialiste ?
Hafsa : J'ai toujours eu une sensibilité de gauche, je pense que cela vient de mon éducation et de mon environnement familial : mon père est enseignant. Dès que j'ai eu dix-huit ans et que, par conséquent, j'ai pu voter, j'ai participé au dépouillement lors des soirées électorales. J'aimais bien discuter avec des militants du PS et l'un d'eux m'a finalement conseillé de venir assister à une réunion de section pour voir comment cela se passait. C'est ainsi que je suis arrivée au début de la campagne pour les élections municipales de 2008. C'était un moment assez particulier : la section était en ébullition, plein d'idées germaient pour l'élaboration du programme. C'était palpitant et exaltant à la fois ! Ce qui a retenu mon intérêt également, c'est que certaines interventions étaient très construites et très maîtrisées alors que d'autres étaient des témoignages spontanés et émouvants. J'y ai trouvé une belle diversité toute à l'image de la population de Vitry et cela m'a beaucoup plu.
Michel : Quel a été ton ressenti par rapport au programme de la liste « Redonnons des Couleurs à Vitry » (PS, Verts, PRG) pour les Municipales de 2008 ? H : J'étais en parfait accord avec ce programme bien sûr puisque je me suis retrouvée sur la liste. Je l'avais découvert en réunion de section, comme beaucoup de militants et j'y ai trouvé des thématiques qui me tenaient à coeur. Pour prendre un exemple : tout ce qui concerne l'éducation m'intéresse particulièrement car je suis moi-même étudiante, je vis entourée d'autres étudiants et je connais donc bien leurs problèmes. Les étudiants sont nombreux à habiter Vitry, or le programme du PS s'inquiétait de leur sort et proposait la construction de logements-étudiants (comme par exemple « les Estudines »). Une seule résidence existe actuellement à côté de Leroy-Merlin et c'est insuffisant pour répondre aux besoins. Le programme demandait également l'aménagement des horaires de la bibliothèque municipale et la création d'un lieu mieux adapté aux études universitaires. On voit bien aujourd'hui la grande pauvreté des Universités et les difficultés qu'elles ont à gérer l'afflux d'étudiants de premier cycle. Les Municipalités pourraient soutenir cette population fragilisée en aidant d'abord à lui assurer de bonnes conditions matérielles pour étudier. Ce n'est sans doute pas facile mais c'est un enjeu très important pour l'avenir…
M : Est-ce qu'il y a un autre sujet qui te tient particulièrement à coeur hormis ton engagement au PS ? H : Oui, c'est difficile ! Par où commencer ? Comme tout un chacun, on ne peut qu'être ému par les rares images qu'on a pu voir sortant de la bande de Gaza. Mais que faire concrètement à partir de cette émotion ? Est-ce qu'on peut, nous à Vitry, avoir une incidence sur un conflit qui dure depuis plus de 60 ans ? Cette question a permis d'unir les différents courants de la gauche, dont le PS de Vitry, et de créer un collectif pour la paix au Proche-Orient. Même si on ne peut avoir un impact réel sur un conflit d'une si longue durée (et d'une si grande complexité ?) on trouvait qu'il était important de sensibiliser la population et de la tenir informée en faisant se rencontrer des gens qui n'avaient pas forcément la même culture de l'histoire de ce conflit. C'est pourquoi le 14 mars 2009 nous avons organisé à la Salle Robespierre « Quatre heures pour Gaza ». Nous avons eu la satisfaction de constater que cette réunion était un succès alors que nous l'avions organisée dans l'urgence et avec peu de moyens. Beaucoup de gens qui n'étaient pas forcément des militants sont venus. Comme intervenant, nous avions un professeur de droit international de l'Université de Nanterre et un intervenant spécialisé dans le jumelage de villes palestiniennes et françaises. Il y a eu un réel échange et un franc parler. Ce qui ressort de cette journée c'est la certitude qu'une paix juste et durable si ardemment désirée par tous ne saurait être possible sans la création d'un état palestinien viable aux frontières sûres et reconnues.
E : Tu es conseillère municipale depuis mars 2008. Est-ce que ça a changé quelque chose dans ton militantisme et comment vis-tu ce nouvel engagement ? H : Cela m'a enracinée davantage. Que ce soit pendant la campagne des municipales ou par la suite dans l'exercice de mon mandat, j'ai eu l'occasion de rencontrer énormément de monde et c'est très enrichissant. J'ai l'impression de ne plus vivre « le même Vitry ». Cet éclairage différent m'a permis de voir, encore une fois, toute la diversité et tout le potentiel qui existent ici et que l'on néglige parce qu'on s'en tient trop souvent aux clichés habituels et définitifs sur la banlieue. Je n'ai pas de délégation propre, je suis au conseil d'administration de l'OPHLM et à la commission d'attribution des logements. Par l'étude des dossiers, on prend conscience des histoires difficiles qui sont vécues et des situations critiques qu'elles entraînent. Ainsi on peut mieux saisir les attentes des vitriots et tenter d'y répondre. Parmi les nouveaux élus, nous sommes quelques uns à découvrir le fonctionnement du Conseil municipal. On gagnerait sûrement à avoir une meilleure circulation des informations et une meilleure écoute au sein de celui-ci. Heureusement, le groupe des élus Socialistes fonctionne parce qu'on s'entend tous très bien et qu'on partage le même engagement de gauche et les mêmes aspirations pour Vitry. Bien sûr nous, les élus Socialistes, nous respecterons nos engagements municipaux mais nous continuerons à promouvoir nos idées et à défendre une autre conception de la ville et du bien vivre ensemble. |
|  Portrait de militante : Bernadette EBODE - Conseillère municipale déléguée | 15 fevrier 2009
Interview réalisée par Evelyne Gaillourdet, rédactrice en chef du Vitry Infos PS (VIPS) et parue dans le VIPS n°1.
Evelyne : Qu'est-ce qui t'a poussée à t'engager dans le militantisme politique ?
Dès mon arrivée à Vitry en 1989 j'ai remarqué que la ville était triste. Auparavant j'habitais Paris, non loin de Montmartre. C'était juste après le mouvement des « Sans-papiers » et des groupes s'organisaient pour les accompagner dans leurs différentes démarches et essayer d'obtenir la régularisation de certains d'entre eux. Ce mouvement a bien fonctionné sur Vitry et il m'a permis d'avoir des contacts avec des gens, d'obtenir des résultats concrets, bref je me suis sentie utile et efficace contre des injustices criantes. C'est comme cela que je me suis retrouvée dans le Collectif des sans-papiers.
E : Comment as-tu vécu cette première expérience de militante en banlieue ?
J'avais lu dans le Bulletin municipal, qu'il y avait des réunions de sans-papiers à la salle de la Fraternité. Je me suis présentée un samedi après midi pour apporter mon aide parce que je me sentais concernée par ce qui se passait. J'ai été surprise par l'accueil qui m'a été réservé. Certes je suis noire mais être noire cela n'est pas nécessairement synonyme de problèmes. Pourtant la question qu'on m'a posée d'emblée était : « Quel est votre problème ? Depuis combien de temps êtes vous en France ? ». J'ai eu beaucoup de mal à faire comprendre que je n'étais pas une sans-papiers et que j'étais là pour apporter ma contribution à la lutte. C'est comme ça que pour moi a commencé le militantisme.
E : Pourquoi t'es tu engagée au parti socialiste ?
Quand Ségolène Royal a présenté sa candidature en 2006, j'ai décidé d'adhérer au PS. Pour la première fois en France, une femme se présentant devant le peuple français pour la magistrature suprême pouvait l'emporter. Son discours me touchait beaucoup et avec les débats participatifs (à Vitry nous avons fait salle comble), on nous donnait vraiment la parole. On avait la possibilité de faire partie intégrante de cette campagne. En tant que femme, dès que mes deux enfants ont fréquenté l'école maternelle, j'ai milité à la FCPE et là j'ai rencontré de nombreuses mères de famille. Certaines ne connaissaient pas l'école, parfois même elles ne savaient ni lire ni écrire le français. Il a fallu leur expliquer la représentativité des associations de parents d'élèves et leur droit à voter, là au moins. C'était leur donner la possibilité d'agir et d'exister en tant que citoyennes à part entière. Ce sont elles qui s'occupent de l'éducation des jeunes enfants, leur rôle est très important. L'école maternelle maintient dans les quartiers métissés une structure qui crée des liens de civilité par l'intermédiaire des enfants et souvent, le travail effectué donne une impulsion forte et décisive pour l'éducation des enfants et pour l'intégration des femmes étrangères. C'est aussi pourquoi je suis très inquiète des projets du Gouvernement quant à l'avenir de l'école maternelle.
E : Quelles sont les raisons qui t'ont incitée à devenir conseillère municipale ?
Lors de la campagne des Présidentielles et des législatives de 2006 avec les militants et sympathisants socialistes, nous avons beaucoup sillonné la ville et cela m'a permis de mieux connaître ma ville, ses habitants et leurs préoccupations. Je me suis demandé ce qu'on pouvait faire. Ce qui m'a aussi frappé c'est l'existence d'une sorte de « dépendance sociale ». Bien sûr, je ne suis pas contre le social parce qu'il est indispensable d'être soutenu dans les phases difficiles de la vie mais cela ne doit pas devenir un état permanent. Il faut pouvoir trouver les conditions pour aller au-delà de l'aide sociale. Il faut aussi pouvoir donner aux enfants une image qui leur donne envie de progresser et qui incite au respect. A tous les niveaux, on doit tout faire pour permettre aux gens de sortir de cette dépendance sociale.
E : Quels sont tes combats en tant qu'élue locale du parti socialiste ?
Avec les autres élus PS issus de la liste « Redonnons des couleurs à Vitry », nous continuons à porter le projet de ville qui a rassemblé 24% des suffrages au 1er tour des municipales. Pour ma part, je suis conseillère municipale déléguée à la Protection Maternelle et Infantile qui s'occupe de la santé des femmes enceintes, des enfants de la naissance jusqu'à l'âge de 6 ans et des Centres d'Education et de Planification Familiale. A Vitry, il y a deux centres municipaux de PMI, un au centre ville et l'autre dans la cité Balzac (Ndlr : les autres centres sont gérés par le département). J'ai adressé à Monsieur le Maire une lettre avec ce que je souhaiterais faire par rapport à la délégation qu'il m'a confiée. L'essentiel de mes propositions serait de :
- Organiser des réunions d'information décentralisées dans des lieux atypiques pour toucher les populations les plus fragilisées.
- Coordonner avec plus de force et de pertinence ce qui existe déjà tant au niveau des associations qu'au niveau départemental et communal.
|
|
|  | Une question, une remarque, une suggestion ? Ecrivez-nous |
|
L'ensemble des publications sauf mentions contraires sont propriétés du Parti Socialiste. Toute reproduction même partielle est formellement interdite
|  | Copyright © 2009. Tous droits réservés. |
|
|
|